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Rue barbare

8 h 29 min par Nathalie. Filed under: Infos générales

«Rue barbare» est adapté du roman de David Goodis, «Epaves». Et, comme précédemment dans «La lune dans le caniveau» de Jean-Jacques Beineix, on sent tout ce que Goodis apporte à une « cinégraphie ». Il y a l’univers nocturne de Goodis, la symbolique des personnages de Goodis, le goût de Goodis pour la tragédie qui se déroule au fond d’un monde en impasse… Gilles Béhat a réussi son film parce qu’il a tenu compte de tous les éléments. Son polar, loin de faire dans le naturalisme, joue la carte du mythe. Sur cette «Rue barbare», il y a deux côtés. Et Chet, tant qu’il se mêlait de ses affaires, était du bon. Mais, un soir, pour avoir porté secours à une jeune Asiatique violée dans un terrain vague, il traverse la rue, passe de l’autre côté du miroir, descend vers l’enfer ! Chet essayait d’oublier, avec sa jeune épouse, un lourd passé. Mais, soudain, ce passé le rattrape et il doit faire face. Le passé est incarné par Hagen, le chef de bande, le maître du lieu. Chet et Hagen se connaissent et même s’aiment quelque part, comme deux lutteurs impénitents, comme deux frères ennemis implacables. Avec ce rapport de force, on est au cœur de tout un cinéma d’action qui cerne les mythes essentiels, western ou film samouraï.Rue barbare Et tout, dans «Rue barbare», concourt à cette impression : la couleur très «colorée», la photo très structurée, les combats très chorégraphiés et les relations entre personnages très dramatisées. «Rue Barbare», c’est aussi la révélation d’un Bernard Giraudeau qui n’a plus rien à voir avec les jeunes premiers qui ont raté leur bac. Film après film, Giraudeau est devenu un des grands comédiens français. «Rue barbare», nous le présente plus mûr, plus physique et plus rayonnant que jamais.